Si vous n’avez pas pu assister à la table ronde, regardez-la en intégralité sur Youtube.

 

« Je dois tout à mon professeur de Basson ». Voici les paroles de Thomas Südhof, professeur à l’Université de Stanford et co-lauréat du prix Nobel de médecine en 2013 pour sa découverte sur les transports intracellulaires. Lors d’une interview au journal The Lancet, le professeur Südhof explique qu’il doit sa capacité d’analyse et de concentration à l’apprentissage de son instrument de musique, le basson. Sa formation en musique classique lui a également permis de cultiver la discipline et la persévérance dans les études. En tant que jeune musicien, il a appris à travailler dur, sans relâche, il a dû pratiquer pendant des centaines d’heures pour se préparer à une performance de quelques minutes seulement. En jouant devant un public, on ne reproduit pas uniquement ce que l’on a appris, on va plus loin, on communique avec les spectateurs, on s’adapte à la réponse du public. Pour le professeur Stüdhof, ces compétences se sont révélées essentielles tout au long de sa carrière.

 

De manière générale, il semblerait que les musicien·ne·s semblent mieux équipé·e·s pour affronter les défis professionnels. Résolution de problèmes complexes, pensée critique, prise de décision, flexibilité cognitive… En apprenant la musique, on acquiert aussi des compétences pour la vie professionnelle. Il est donc essentiel de ne plus considérer l’enseignement artistique comme le complément d’une « bonne éducation » mais au contraire de miser sur cet enseignement pour donner aux jeunes des atouts essentiels à leur carrière professionnelle et à leur développement personnel.

 

Le Conservatoire populaire s’est associé à l’Université de Genève pour organiser une table ronde inédite sur les compétences cognitives, sociales et émotionnelles pour les musicien·ne·s acquièrent en apprenant la musique.

À travers ce dialogue entre art et science, Philippe Régana, chef d’orchestre et directeur du conservatoire populaire, Donald Glowinski, directeur du programme «compétences émotionnelles en situation professionnelle», Didier Grandjean, directeur du laboratoire «neuroscience of emotions and affective dynamics» et Julie Semoroz, artiste sonore indépendante qui collabore sur différents projets de recherche universitaire, ont échangé autour de l’influence de l’apprentissage musical sur notre cerveau.